La grande offensive actuelle de la Chine a consisté à entrer dans la mondialisation en utilisant ses avantages compétitifs (coût de la main d'œuvre extrêmement faible mais bien structurée et de bonne qualité) et monnaie sous-évaluée. Deux critères ont complété la réussite de cette stratégie : les exportations ont trouvé leurs marchés, les investisseurs occidentaux en Chine ont été d'une très grande naïveté.
Mais la réussite de la Chine n'est pas totale. D'abord, d'immenses inégalités de conditions subsistent en Chine (bien que la situation globale progresse). Ensuite, conséquence de la politique démographique restrictive, la Chine a désormais beaucoup de personnes âgées (d'où des tensions sur les systèmes sociaux et financiers).
Enfin, la crise financière actuelle est en train de mettre un point final à cette stratégie de développement économique tourné vers l'exportation. La Chine va devoir transformer son économie en économie de consommation tout en gérant trois problèmes majeurs : le logement (manque de logements sociaux), l'éducation (qui est aujourd'hui hors de prix), la santé (le système de santé est à construire).
Aujourd'hui, la société chinoise est une société de classe et, pour préserver cette situation, le régime vient d'activer un nouveau moteur : le nationalisme.
Loin des clichés habituels, Jean-Luc Domenach, nous a décrit un peuple chinois divers, avec une opinion publique en cours de structuration et aspirant, lui aussi, au bonheur individuel. Il n'a pas manqué de pointer la question cruciale des droits de l'homme et des minorités régionales (Tibetains, Ouigours).
Le public nombreux a, me semble-t-il, été captivé par cet exposé brillant et par l'échange très libre qui s'est ensuite installé entre Jean-Luc Domenach et la salle.
Rendez-vous le 18 mars, à 19h, pour une Conférence Esprit Public sur les lois de bioéthiques.
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